vendredi 4 mai 2012

30ème étape, Men Yuan – E Bao Xiang, 130 Km.


Ce devait être une belle étape, ça a été effectivement le cas pour la plupart d’entre nous, un vrai calvaire par contre pour moi et une douzaine d’autres. Le matin, je me suis réveillé avec des nausées, pas d’appétit. Dès le départ, je me suis senti sans force. L’envie de vomir s’est faite de plus en plus pressante, mais cela ne venait pas. Je me suis arrêté plusieurs fois pour reprendre mes esprits car la tête tournait et j’avais l’impression de perdre l’équilibre, ce qui est gênant à vélo. Et puis, encore plus loin, cette fois, je me suis vidé si vous voyez ce que je veux dire. Dans ces cas là, vous mettez votre pudeur de coté, tous les copains qui passent vous demandent si ça va… Que pouvez-vous dire ? Très vite, vous êtes avec les serre-files, contre votre gré cette fois-ci. Un semblant de mieux mais c’est très éphémère. Plusieurs copains vous recommandent chaudement de ne pas insister et de monter dans la voiture balai, ce que je finis par faire après un troisième arrêt technique et de nouveaux vacillements. En résumé, 45 Km en plus de 4H, le reste de l’étape dans l’Iveco à somnoler si bien que je n’ai rien vu de cette belle étape et des deux cols à plus de 3600 m. Ce soir c’est Bivouac, J’ai vraiment choisi mon jour… Au fait, je n’ai fait que quelques photos au départ, je vais en récupérer plus tard auprès de mes collègues pour vous montrer ce que j’ai raté… Mes « malheurs » sont dérisoires à coté de certaines choses, cette nuit, Roland Diot, le numéro 2 de l’expédition a appris le décès de sa maman, il a choisi de rester, malgré tout, parmi nous.

jeudi 3 mai 2012

Le coût de la vie en Chine.

Le coût de la vie en Chine, pour les européens que nous sommes, est faible. L’inflation est de 5 à 6% l’an d’après notre guide, ce qui est tout de même beaucoup. 1€ vaut à peu près 8,5 Yuan, c'est-à-dire que grosso-modo, on peut retenir que 1€ équivaut à 10 Yuan, c’est beaucoup plus pratique. Avant, toujours d’après notre guide, il fallait à peu près 10 Yuan par mois pour vivre, maintenant, c’est beaucoup plus cher. Le minimum pour vivre serait de 800 Yuan par mois, l’équivalent du « smic » local serait de 3000 Yuan. Le prix des chambres des hôtels que nous fréquentons, est entre 200 et 300 Yuan, les repas que nous prenons au environ de 15 Yuan. La viande de bœuf et de porc est chère, celle de yack et de mouton moindre, aux alentours de  70 Yuan le kilo, d’après notre chef cuistot qui fait ses achats pour chaque bivouac. La banane, que nous consommons beaucoup sur le vélo, même si le prix est au poids, est à 1 Yuan en gros. Parfois, les prix augmentent en flèche entre plusieurs acheteurs du groupe… La bière de 600 ml est à environ 5 Yuan ce qui pourrait laisser rêveur certains d’entre vous, mais elle n’est pas très forte. Les gâteaux ne sont pas chers du tout et en plus ils sont très bons… Pour finir et cela rappellera à certains des temps où nous étions jeune, le litre de gas-oil est à environ 7 Yuan, bien loin de ce que l’on connait chez nous en France…

mercredi 2 mai 2012

29ème étape, Cheng Guan Zhen – Men Yuan, 99 Km.


Aujourd’hui, nous attaquons le « toit » du PPL 2012. Antoine, qui fait parti des « cent cols », est bien malheureux, il ne pourra le mettre à son tableau de chasse, il s’est « vidé » toute la nuit et est sans force. La montée est en faux plat sur de longs kilomètres. Au barrage, cela se corse pas mal, mais c’est en quelque sorte une fausse alerte pendant 1 Km. Une petite pause casse-croûte a été programmée à propos avant la dernière partie de 18 Km, plus pentue entre 6 et 8%. Sur ce tronçon, Christelle s’envole littéralement, on ne peut que constater qu’elle est au moins trois jambes au dessus des « mâles »… Le cœur semble s’emballer un peu plus vite que d’habitude, il vaut mieux en garder sous la pédale, nous sommes en terrain inconnu à plus de 3000 m d’altitude. Parfois, on a la sensation de petits étourdissements mais globalement cela va bien car nous sommes un peu acclimatés à cette altitude depuis quelques jours.
En définitive, nous atteignons 3792,75 m seulement car un tunnel existe, les 3900 sont par un chemin muletier que l’on ne fera pas. Peut-être donc, aurons-nous l’occasion d’aller encore plus haut…

 

mardi 1 mai 2012

Un peu de technique à propos du vélo PPL 2012.


C’est, je crois un bon vélo même si je reste persuadé que le cadre est trop court et que les pattes arrières sont mal positionnées, la roue n’est pas axée. Voici donc près d’un mois que l’on roule avec et son utilisation est correcte jusqu’à présent. De fait, chargé, il doit peser entre 20 et 25 kg et pour monter le premier col, je me suis aperçu que ce n’était pas tout à fait la même chose. Le triple, 50-40-30, est adopté d’office et je dois avouer que ce jour là, j’aurai apprécié une couronne supplémentaire de 29 à l’arrière, même si nous sommes en 26 pouces. Certains participants avaient pris les devants en montant un 28 voire un 26 en petit plateau et beaucoup aimeraient en faire autant vu les difficultés rencontrées et maintenant que les grands cols se présentent. La mécanique est très sollicitée par l’état des routes et parfois des pistes mais aussi de la poussière quasi permanente. Les points faibles sont ainsi les portes bidons, près d’une soixantaine de cassé, la chaîne, rupture de l’attache qui a entraîné à trois reprises la casse du dérailleur arrière, le premier jour entre autre au bout de un kilomètre, et enfin la béquille qui a une fâcheuse tendance à plier un peu et ne plus remplir sa fonction, à savoir maintenir debout le vélo à l’arrêt, d’où de nombreuses chutes qui détériorent quelque peu d’autres organes, pour ce qui me concerne, la casse du rétroviseur offert par mes copains du HAC Cyclos, snif !!! Egalement des soucis de verrouillage du top-case dus à la poussière. Les pneus par contre, sont très costauds, peu de crevaisons (12) jusqu’à présent. L’équilibre est correct même chargé, je me mets en danseuse en « balançant » le vélo sans problème, ce qui est plus dynamique. Il faut tout de même faire attention au guidonnage dans les descentes, j’ai pourtant atteint la vitesse de 81,5 Km/h avant de me relever, par prudence, à l’annonce d’un virage. Un bilan plutôt positif donc.


28ème étape, Xining – Cheng Guan Zhen, 57 Km.

Aujourd’hui, étape supplémentaire, étape d’approche du « toit du PPL 2012 » suite aux « ennuis » rencontrés et au plan B établi en conséquence. Départ 10H, ce qui nous a donné l’impression d’être en vacances d’autant plus qu’il n’y a que 60 Km au programme, mais sait-on jamais… Le soleil est présent, il fait même chaud sur Xining qui est pourtant à 2300 m d’altitude. On flâne pour cette étape qui compte pour du beurre et surprise, alors qu’il était prévu de bivouaquer dans un lycée, nous stoppons pour la nuit dans une espèce de camping avec bungalows où quelques chinois passent également le week-end du 1er mai, férié également chez eux. Pour ma part, m’étant préoccupé des tâches collectives inhérentes au bivouac, je n’ai pas trouvé, comme quatre autres camarades d’infortune, de place dans ces petits abris tout vitrés. Nous nous sommes rabattus sur les tentes, faisant ainsi l’apprentissage du montage de celles-ci et prenant déjà une roue d’avance sur le reste de la troupe pour les prochains bivouacs…Ce soir, il fait quand même frais à 2500 m, pas de ronfleurs à l’horizon mais un troupeau de moutons qui s’est invité autour de nos deux tentes…

 

Les hôtels chinois du PPL 2012.


Il y a de tout, du très bien au surprenant pour ne fâcher personne. Mais souvent, ce qui caractérise les hôtels chinois, c’est qu’il y a un hall d’accueil clinquant, bling bling quoi… ça en jette… et les étoiles ne manquent pas. Du marbre, des lustres à faire pâlir parfois le château de Versailles, beaucoup de filles à l’accueil. Mais, à l’expérience, on attend maintenant de voir la moquette et la salle de bain pour avoir un jugement définitif. Très souvent, la première est dans un triste état et trouée par des cendres de cigarettes, je présume. Quand à la seconde, c’est souvent un ensemble de chose dans un petit espace. Quand vous avez pris votre douche, pour peu qu’il y ait de l’eau chaude, vous êtes presque assuré d’avoir aspergé l’ensemble de la pièce. Une fois, notre salle de bain s’est transformée en piscine, l’évacuation au sol était résolument bouchée. Ce soir, le jet de la douche atterrissait dans le lavabo, ce qui m’a permis de voir que l’eau était un peu marron. Par délicatesse, je ne parle pas des toilettes qui ne fonctionnent pas toujours et ce n’est pas simple, vous pouvez le comprendre aisément, de demander de l’aide. Il y a parfois aussi des interrupteurs à foison mais un seul est fonctionnel, des climatiseurs non branchés et d’autres choses de ce genre, la liste pourrait être très longue. En résumé, très bien en façade, à vérifier derrière…

lundi 30 avril 2012

27ème étape, Borne 151 - Xining, 153 Km.

Ce matin, grosse surprise au lever, c’est tout blanc, il a neigé pendant la nuit et nos vélos sont recouverts d’une épaisseur de près de 10 cm de neige. Heureusement, il fait doux et le sol n’est pas gelé, aucune raison de ne pas faire l’étape prévue. Tout le monde s’habille le plus chaudement possible même si nous ne l’avions pas anticipé la veille au soir en sortant nos grands sacs contenant tout notre barda. Comme un fait exprès, je me suis porté volontaire comme serre file la veille, j’ai gagné le gros lot… Les paysages auraient pu être très beaux mais une brume masque tout. La suite est une longue procession de cyclos sur cette fameuse route 109 dont tout le monde en a ras le bol car fréquentée par de très nombreux camions qui ne ralentissent sous aucun prétexte… Ah ! J’oubliais, on a pris l’autoroute également, c’est quand même original, pour rejoindre Xining et la civilisation après quatre jours de quiétude et de grand air à plus de 3000 m d’altitude.

 

dimanche 29 avril 2012

26ème étape, Niao Dao – Borne 151, 121 Km.


Ce matin, changement de programme, le parcours prévu initialement est modifié, nous n’avons toujours pas l’accord pour dormir de nouveau dans la ville de Xi Hai Zhen, ville qui nous avait donné bien des soucis il y a trois jours, avant d’aborder le lac. Le plan B devient effectif, c'est-à-dire que l’on rebrousse chemin, ce qui ne fait pas plaisir à beaucoup de monde, on peut le comprendre. Nous serons de plus obligés de repasser par Xining pour reprendre ensuite le parcours original avec une journée de décalage, qui sera compensée par une journée de repos en moins à Kashgar. Ce matin également, grosse erreur de ma part, je me lève 1H trop vite alors que je dormais très bien… Mon compagnon de chambrée, Philippe Lambert, ne m’en a pas voulu pour autant… Ouf ! Du coup, on en a profité pour faire un peu « d’ordinateur » sous la couette, pas des jeux, je vous rassure, mais des écritures. Du coup, j’en ai profité pour faire des photos là où je n’avais pas eu le temps d’en faire hier. On a fait notre premier pique-nique pour le déjeuner et ensuite, comme on retournait au même hôtel, c’était un peu allure libre et j’en ai donc profité un peu pour me dégourdir les jambes avec quelques uns dans un vent contraire de plus en plus fort sur les 30 derniers kilomètres. Une bien belle partie de manivelles à plus de 3000 m d’altitude qui fait plaisir…

samedi 28 avril 2012

25ème étape, Borne 151 – Niao Dao, 121 Km.


Ce matin, au lever à 6H, il faisait -5°C… Eh oui, nous sommes à 3300 m ! Dehors, c’est gelé. Le petit déjeuner n’est pas prêt et sera très léger, c’est Lionel qui a réveillé les tenanciers de l’hôtel. Toute la matinée se passe dans le froid, le soleil ne nous réchauffera que vers midi. Je suis à la trace Daniel Lucot, dont je dois faire le portrait pour le journal du PPL 2012. Il est malade et je l’aide comme je peux à l’arrière du peloton. Un voile de brume masque malheureusement les paysages, à gauche la montagne, à droite le lac, j’allais dire la mer tellement cela y ressemble par moment d’autant plus que l’eau est salée. La pause de midi me permet de questionner Daniel, sur le vélo, parler lui coûte beaucoup d’énergie tellement il a du mal à respirer. Beaucoup de troupeaux de moutons et de yacks aux abords de la route, d’ailleurs, nous serons quelques uns à nous arrêter chez l’habitant pour boire un verre de lait de yack chaud. Rien de particulier si ce n’est que cette rencontre est une nouvelle fois chaleureuse.




vendredi 27 avril 2012

24ème étape, Xi Hai Zhen – Borne 151, 80 Km.


La veille, le départ a été retardé pour savoir si le peloton du PPL 2012 était autorisé à poursuivre sa route dans cette zone géographique. A 9H, un plan B est établi, on fait le tour du Lac Qinghai dans le sens anti-horaire. A 11H, au déjeuner, les autorisations sont arrivées, l’étape initiale est maintenue mais raccourcie de 20 Km à cause de l’heure tardive de départ. On pousse un grand « ouf » de soulagement, on a craint un moment de ne pas voir ce lac.
Dès la sortie de la ville dont on n’avait rien vu pour cause d’arrivée nocturne, on voit les montagnes enneigées au loin, c’est déjà plus beau. On grimpe ensuite pour redescendre vers le lac, et là, pendant toute l’après-midi, c’est magnifique. Déjà, on respire… Les paysages sont de toute beauté, mêlant des sommets enneigés, des dunes Sahariennes, des eaux bleutées et un ciel ensoleillé. Très belle étape, on a eu raison de venir, les déboires de la veille sont déjà loin.


jeudi 26 avril 2012

23ème étape, Xining (N 36° 38’ ; E 101° 44’) – Xi Hai Zhen, 101 Km.


C’est reparti. Ce soir nous serons à plus de 3000 m et cela me motive. La première partie de l’étape se fait encore dans la circulation, le bruit et la poussière. Je regrette simplement de ne pas avoir les supports vélo de ma petite caméra Go Pro, un petit film vous aurait restitué parfaitement le contexte. Malgré que l’on soit à plus de 2500m d’altitude, il y a aussi toujours autant de chantiers de construction. Maintenant, on est plus haut que le Tourmalet, une de mes références, mais ici, il y a encore des camions, on se demande tous où ils peuvent bien aller… L’air est frais et meilleur mais on doit parfois remettre le masque car, avec le vent qui s’est levé, il y a beaucoup de poussière qui provient de ces montagnes arides. Là, nous sommes à une altitude plus haute que le Galibier, col que j’ai gravi récemment avec mes copains de juillet, équipe n°2 comprise. Les rafales de vent redoublent et nous stoppent littéralement, nous obligeant à nous mettre debout sur les pédales pour ne pas tomber. Pause déjeuner à 2950 m, le soleil est présent heureusement. Le vent est toujours là, il est maudit des plus faibles qui en plus, bien souvent, ne savent pas s’abriter. Devant, j’organise une petite bordure et on progresse correctement vers la ville étape quand les guides locaux nous demandent de stopper à 13 Km du terme de l’étape, nous n’avons pas l’autorisation d’y entrer… Il est alors 16H30. Au prix de très longues négociations, nous reprendrons notre route à 21H15, de nuit, en convoi, encadré par la police locale, pour arriver à 22H15 à l’hôtel. Nous nous coucherons seulement à 1H du matin…

mercredi 25 avril 2012

Jour de repos à Xining (N ; E).

Ayez l’amabilité de vous reporter au petit billet « Journée de repos » réalisé précédemment, repos c’est repos… Enfin presque…

mardi 24 avril 2012

22ème étape, Haishiwan – Xining (N ; E), 120 Km.

Aujourd’hui, on s’élève, je veux dire par là que l’on prend de l’altitude. Nous passons de 1750 à environ 2250m. La montée, vers le lac Qinghai Hu et ses routes à plus de 3000m débute. En fait, cela se fait en douceur, très progressivement, assez facilement pour tout dire, d’autant plus que le vent nous pousse et donc, on apprécie pour une fois. La route n’est pas intéressante mais on avance dans la bonne direction. Le déjeuner de midi est copieux et l’après-midi d’autant plus difficile, je m’endors sur le vélo, le manque de sommeil est bien présent. L’arrivée dans cette grande ville de Xining, plus de 1 million d’habitants et capitale de la province du Qinghai, est une fois de plus pénible du fait de la circulation et de la pollution malgré l’altitude. Seul véritable plaisir de la journée, l’interview, que je devais faire  pour le journal du PPL 2012, de la benjamine de la troupe, Christelle Lyard alias Kiki. Une bonne tranche de rigolade et cela fait du bien…(à voir par ailleurs).

lundi 23 avril 2012

Un cocktail montagne, piste, bivouac.


Depuis vendredi 20 avril, plus d’hôtel, plus d’internet mais quel régal ! Certes, c’est loin d’être facile pour quelques uns, mais que c’est chouette d’être au grand air, en pleine montagne toute la journée et de plus, sous un soleil bien présent. Les paysages sont impressionnants, cela ne transparaît malheureusement pas sur les photos. On roule tranquillement en levant le nez, on croise une voiture ou un camion de temps en temps… La route disparaît parfois, depuis le temps que l’on nous promettait des pistes, comme ce vendredi où pendant près de 50 Km, on a fait Paris-Roubaix. Moi, je me suis bien amusé, je ne l’ai pas dit trop fort le soir venu… L’accueil dans les écoles où nous bivouaquons est toujours fabuleux, mais pas de douches, parfois pas d’eau, on fait avec les moyens du bord, on dort mal, la fatigue s’accentue mais les liens se resserrent…



21ème étape, Jinyanzhen – Haishiwan, 143 Km.


Aujourd’hui, lever 5H, départ 8H… Hé oui ! Nous dormions dans des classes pour la plupart, moi sur le balcon-couloir au grand air et il fallait libérer tout cela avant l’arrivée des élèves vers 6H… Et après, attente du levé de drapeau de l’école je vous rassure, pour pouvoir partir, question de politesse… Ensuite, il nous a fallu 30 Km et la matinée pour traverser la ville de Lanzou, grosse mégapole du coin et aussi un peu de temps lors de l’accueil des Vététistes du campus agronomique des lieux. Et donc, la reprise avec le bruit, la circulation, la pollution, les grandes routes et forcément les camions… tout cela n’a pas été agréable, on était tellement mieux dans ces montagnes arides. Mais il faut avancer. Demain, on arrive à l’étape de repos, moment très attendu par tous et qui rythme nos semaines de vélo…


jeudi 19 avril 2012

Etat des troupes.

Pour tout dire, les troupes sont fatiguées. Beaucoup de malades qui nécessitent des arrêts de travail, c'est-à-dire, qu’ils passent un ou deux jours dans les camions pour se reposer, mais comme il n’y a pas beaucoup de place, il y a parfois un turn-over… Au royaume des aveugles, le borgne est roi… En clair, mieux vaut ne pas tomber malade, c’est mon cas jusqu’à présent, je touche tous les jours du bois. Depuis quelques jours, il y a également des malaises. J’en ai discuté avec le médecin de l’expédition car je dois faire son interview pour le journal du PPL, il explique cela par différents aspects dont un manque de récupération. La moyenne d’âge des participants est de 62 ans et on ne récupère pas de la même façon qu’à 20 ans… Et nous ne sommes qu’à la 17ème étape… Beaucoup se posent des questions. Moi je pense qu’il y a 15 jours de dur à passer et qu’ensuite cela sera plus facile. On sera au-delà du lac à contourner et ses plus de 3000 mètres d’altitude, il fera meilleur et surtout, les participants seront en meilleure condition physique…

 

17ème étape, Fang Shan Xiang – Gu Yuan, 133 Km.


Aujourd’hui, j’étais serre-file. Lever 5H, départ 7H, arrivée 20H. Cela ne se bouscule pas pour faire ce « métier » sur les étapes difficiles, rendez-vous jusqu’à présent des jeudi. Il faut de la patience, beaucoup de patience et beaucoup de provisions pour ne pas « caler » soi-même. Pour vous donner une petite idée de la chose, 133 Km : 9H50… C’est long, parfois il faut marcher pour tenir compagnie dans la montée d’un col. Vous comprendrez aisément que la qualité première d’un serre-file est la patience. Si celui-ci a un brin de psychologie, sa vocation au sein du PPL 2012 est toute trouvée…

Premier bivouac.

Le jour du bivouac, quand vous arrivez de bonne heure et de plus dans les premiers, vous donnez un coup de main à l’organisation. En effet, il faut sortir les lits de camp, les matelas, les duvets, les tables, bref, tout un tas de choses pour manger et dormir. Et à 93 personnes, cela fait du matériel… Les volontaires pour la cuisine s’attellent à différentes tâches pour aider Lionel, le cuisinier de la logistique. Et après, on attend que la soupe cuise, que l’on mange et que les locaux de l’école soient disponibles pour dormir. En l’occurrence, pour cette première fois, 20H30. Et oui ! Les élèves finissaient leurs cours à 20H… Je ne m’étalerai pas sur cet aspect des choses aujourd’hui… Il fait alors largement nuit et on s’installe dans les couloirs aux différents étages. Je vous assure que la majorité des personnes font dans la simplicité, on déballe un minimum d’affaires. Certains, surement pour gagner du temps le lendemain matin, dorment sans changer de tenue… Et ensuite, et ensuite, il y en a qui s’endorment très vite, et qui ronflent aussi très vite… Aux différents étages, c’est un vrai concert rejoint rapidement également par ceux qui toussent, et ils sont nombreux… Malgré tout cela, j’ai, pour ma part, passé une bonne nuit, un peu courte certes, mais une bonne nuit tout de même comparée à celles de certains participants. Globalement, le bivouac, c’est sympa, enfin pour le premier. A voir pour les suivants, ce sera peut-être à mon tour de ne pas dormir.

 

mercredi 18 avril 2012

16ème étape, Quigchen – Fang Shan Xiang, 118 Km.

Content de quitter cette ville où il n’y avait rien à voir et cet hôtel où internet ne fonctionnait pas et où tout était souvent impossible pour de multiple raisons. Les VTTistes locaux et le jeune chinois de l’expédition nous proposent une modification de parcours. Est-ce un nouveau traquenard à la chinoise ? En fait, rien de cela. Après que le brouillard se soit levé, nous eûmes droit à de magnifiques paysages sur des routes plutôt tranquilles. Une bien belle journée la meilleure depuis le début. Enfin… Les échanges avec les élèves et les professeurs du collège ainsi que le bivouac sur place vinrent clôturer en apothéose le tout. 

 

mardi 17 avril 2012

Journée de repos à Quigchen (N 36°03’ ; E 107°53’).

La lessive :
A l’arrivée à l’hôtel du jour de repos, la lessive est ou doit être la préoccupation première. Pourquoi ? Tout simplement pour qu’elle ait le temps de sécher pour le surlendemain au risque sinon de devoir tout remballer encore humide et cela arrive malheureusement. Comme stratégies, il y a ceux qui préfèrent gérer tout cela eux-mêmes et qui se plongent dans le lavabo le plus vite possible. Force est de constater qu’ils ont peut-être raison…Les autres, dont j’ai fait partie le premier jour de repos, préfèrent sous-traiter le boulot, c'est-à-dire, confier son paquet de linge sale à l’hôtel qui elle-même doit sous-traiter aussi. Vous pensez ainsi gagner du temps. Grosse erreur. Au moment de confier votre baluchon, vous devez faire le décompte des pièces avec les hôtesses d’accueil tirées à quatre épingles, le prix du lavage étant à la pièce... Pour la discrétion, c’est raté, il vous faut déballer tout votre petit et grand linge sur le beau comptoir de marbre de l’accueil, un moment à vivre…Et ce n’est pas forcément fini, il y a le retour. La première fois pour moi, c’était lavé, séché et repassé, rien à redire si ce n’est le prix, 140 Yuans, j’avais mis toutes mes socquettes et donc beaucoup de pièces. Cette fois-ci, ce n’était pas sec et il donc il a fallut improviser un séchoir dans la chambre. L’essentiel est de récupérer ses billes. En 2008, les vêtements avaient été mélangés pour le lavage et rendu sous forme de grand tas dans une pièce. Pour le moment, on s’en sort donc bien…



lundi 16 avril 2012

15ème étape, Tai Bai Xiang - Quigchen, 141 Km.

Lever 5H30, départ 7H, cela devient habituel. Sacrées vacances ! Aujourd’hui, l’étape est modifiée suivant les conseils de Vététistes locaux pour éviter 40 Km de piste mais le parcours est rallongé d’autant ce qui nous donne 140 bornes, un petit col et beaucoup de descente au menu, toujours d’après les chinois. Et la Chine, c’est la Chine, pleine d’imprévus… En fait de descente, on a eu le droit à un vrai toboggan qui a laminé encore plus certains organismes déjà très affaiblis : Par contre, nous avons eu le droit à de magnifiques paysages même s’ils ne sont pas verdoyants, avec une agriculture qui se modernise comme dans les années 60 chez nous, avec visiblement des engrais et beaucoup de plastique. Est-ce une bonne chose ? Pour la pause déjeuner, on retrouve la ville avec tout son brouhaha. En fin d’après-midi, tout le monde est bien content d’arriver à l’hôtel pour la journée de repos, certains en ont grandement besoin. Les deux semaines à venir vont être dures à différents points de vues, parcours, conditions de vie et malheureusement peut-être également, météo. Et cela peut tout changer…

 

dimanche 15 avril 2012

14ème étape, Fu Xian – Tai Bai Xiang , 98 Km.


Lever 5H30, départ 7H, c’est le timing des grandes étapes et aujourd’hui est prévu une trentaine de kilomètres de piste, ce qui constituera une nouveauté pour nous car jusqu’à présent, excepté quelques portions de routes défoncées, les itinéraires empruntés ont été très corrects. Un petit col, un début de fringale dans la descente peut-être car ce matin il n’y avait pas autant de choses que d’habitude et l’occasion de s’arrêter dans une bourgade pour faire le plein. Nous sommes maintenant des bêtes rares, surnommées « les longs nez », que l’on vient observer. Quelques mots échangés en anglais avec une jeune femme, cela laisse pantois tous les badauds autour de nous. Le soleil tape, il fait chaud, le grand bol de soupe avec des pates fait un grand bien à toute la troupe mais le redémarrage est très difficile. De piste laborieuse, il n’y en eut point, la route étant refaite depuis la reconnaissance. Pendant presque toute la totalité de l’étape, la construction d’une nouvelle autoroute côtoie les belles terres paysannes du secteur. Ce soir, l’hôtel est rustique, 2 lavabos pour 50, des WC collectifs, 1 lit pour 2 et on entend les voisins de palier parler ou tousser mais on a bien mangé…

Vie de groupe.


Globalement, cela va bien, quelques petits accros inévitables mais sans conséquence. Les personnalités se révèlent forcément, les positions dans le groupe se font petits à petits, les participants se connaissent maintenant mieux et les affinités se font. Mais, parce qu’il y a un mais, nous n’avons pas eu de contextes difficiles excepté peut-être le jour de la première étape de montagne où le froid et l’arrivée très tardive ont donné une idée de ce que peut être une expédition. Michel Cabart, notre chef, nous l’a d’ailleurs rappelé hier soir, nous avons mangé notre pain blanc avec des conditions météo et des hébergements globalement parfaits, maintenant, ça va changer. Au menu prochainement, des tronçons de 30 à 40 Km de piste, Poussière ou boue suivant la météo, gymnase ou bivouac le soir, pas d’internet... Les nouvelles du « front » seront donc irrégulières, vous devez le retenir. Nous rentrons dans la Chine profonde, notre guide nous le dit maintenant, « ça, c’est la vraie Chine » et c’est vrai qu’il y a déjà un changement. L’expédition va véritablement démarrer…

samedi 14 avril 2012

13ème étape, Yi Chuan Xian – Fu Xian, 82 Km.


Ce matin, c’est un peu triste, nos amis chinois qui nous accompagnaient depuis Pékin, nous quittent au son de La Marseillaise, très représentative à leurs yeux de la France. La montée du col est tranquille, peut-être trop car J-Pé, mal réveillé ou bien dans ses pensées, percute le camion de l’organisation arrêté sur le bas côté. Il suivait la ligne blanche, dira-t-il… Le vélo, lui, n’a pas apprécié… Les divers arrêts sont autant d’occasion d’échanger avec la population locale, très intriguée de notre passage. La brochure éditée en chinois par la FFCT nous est très utile dans ces moments là, les grandes cartes du PPL 2012 placardées sur les camions laissent dubitatives toutes ces personnes. C’est vrai qu’il y a de quoi…

vendredi 13 avril 2012

Les barbus.

En fin d’après-midi, avec mon copain de chambrée, Philippe, qui va sur ses 70 ans, nous avons été faire quelques emplettes, du genre pour casser la croûte sur le vélo. Coup de chance pour nous, cela correspondait à la sortie des écoles. Je vois déjà venir certains avec leurs idées mal tournées. Je dis coup de chance à postériori car Philippe et moi étant barbus ou plutôt mal rasés, nous ne passons pas inaperçus au pays des imberbes et encore plus ici, loin des circuits touristiques traditionnels. Les jeunes les plus hardis ont engagés à plusieurs reprises la conversation en anglais et ces échanges, même superficiels, sont toujours très chaleureux. Pour rassurer tout le monde sauf peut-être ma femme, nous avons également un succès auprès des femmes plus mûres, elles se retournent sur notre passage, elles ne nous sifflent pas encore. Nous qui sommes venus les voir, nous devenons les personnes à voir…